La communauté éducative
extrait du discours de M. Combescure lors de la remise des palmes académiques à Mme Marie Annick Dubé et M. Dominique Mangin vendredi 9 décmbre 2011 à Fénelon Sainte Marie
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Je voudrais m’arrêter tout d’abord sur cette notion de communauté éducative, de sa diversité, de sa richesse et de sa complexité. Tout le monde en parle, elle apparait dans tous les projets éducatifs, mais a-t-elle vraiment une réalité concrète ou plutôt comment vit-elle au quotidien ?
Commençons par le mot communauté. Pour un certain nombre d’entre nous (les plus anciens dont je fais partie !) ce mot nous renvoie à ces communautés nées dans l’après 68 et vivant d’idéal d’amour, de relations libres, d’écologie, de refus (déjà !) de la société de consommation. Une communauté de rêve dans l’esprit, mais qui souvent a eu du mal à vivre son idéal dans le quotidien. Mais le mot « communauté » correspond très bien à ce concept autour de la notion d’amour désintéressé et de relations entre les personnes.
C’est, je crois, la force et la faiblesse de toute communauté, y compris, éducative. Formée d’individus tous différents, nous devons créer un ensemble cohérent en accord avec un même idéal, pour pouvoir aller dans le même sens. Une somme d’individus juxtaposés n’a jamais formé une communauté (regardez un wagon du métro, et vous comprendrez) Il ne s’agit nullement de nier ou d’aplanir les personnalités de chacun : au contraire, elles enrichissent la communauté à partir du moment où elles tendent vers le même but : l’épanouissement de chaque enfant qui nous est confié.
C’est d’ailleurs, je pense, la force de notre communauté de Fénelon. Elle vit autour d’un idéal partagé par tous : le bonheur d’apprendre pour accéder au bonheur tout court. Elle a besoin de moment pour célébrer ce bonheur et ceci en est un, mais tout le monde le sait : ici, à Fénelon, nous savons saisir les occasions pour faire la fête ensemble.
Je tenais à souligner cet idéal commun, car il était parfaitement intégré par ses membres, qui nous guident après de longues années passées à Fénelon, et il est fondamental que les jeunes reprennent le flambeau pour perpétrer cet idéal.
Alors, revenons à une définition plus classique et moins sentimentale. Communauté vient du latin cum « avec » et munis « charge » « dette ». Et même des Lettres Classiques, après l’histoire !(je m’améliore !) Donc une communauté est un ensemble de personnes qui partagent la même charge. Par évolution un même projet. Pour ce qui est de la communauté éducative certains pourraient penser que notre charge commune pourrait être les élèves ( !) (Certains même les parents). Eh bien non, il n’en est rien car tant les élèves que les parents font partie de cette communauté éducative. Ainsi notre charge commune c’est bien l’éducation avec un grand E autour d’un projet qui est le nôtre, et bien sur les élèves et leurs parents sont partie prenantes de cette Education. On ne réussira pas à éduquer sans les parents et bien évidemment sans l’adhésion pleine et entière des élèves.
Veuillez m’excuser pour cette longue diversion, mais ceci me permet maintenant de mieux faire comprendre l’importance des non enseignants dans cette communauté. A l’école, on le sait bien, on ne transmet pas que des savoirs et j’oserai même dire que ce n’est pas l’essentiel ou plus exactement, le savoir est un des éléments qui sert à construire l’Education. Chaque personne, qu’elle soit en contact ou non avec les élèves construit cette œuvre. Combien de fois, par exemple, parlons-nous du personnel de ménage que nous ne voyons jamais mais lorsqu’ils sont absents nous le ressentons très vite. Combien de fois faisons-nous grandir nos élèves en leur rappelant l’importance de respecter les locaux et les gens qui les nettoient ! Et je pourrai aussi citer tout le personnel administratif (secrétariat, compta, intendance) qui voit très rarement les élèves, mais dont l’importance est primordiale dans la bonne marche de notre Ecole.