Lettres pour collégiens et lycéens

CHAPITRE 2 – LITTÉRATURE

LE CONTE MERVEILLEUX

Ce que je dois savoir :

L’auteur est celui qui écrit le texte.
Le narrateur est celui qui raconte l’histoire.
Les personnages réels ou fictifs vivent les événements et les aventures de l’histoire.

Un conte traditionnel commence souvent par une formule d’entrée telle que « Il était une fois »,
« Il y avait une fois » … Ces formules d’entrée situent l’histoire dans un passé imprécis, suffisamment
lointain pour que le lecteur accepte la présence du merveilleux.

Les personnages de conte traditionnel sont le plus souvent désignés par
– leur place dans la famille (ex : la cadette)
– leur fonction (ex : le prince)
– leur espèce pour un animal (ex : le loup)
Ils sont souvent stéréotypés : ils sont beaux ou laid  /  gentils ou méchants.
Ils ont rarement un nom et sont peu décrits.

Le conte traditionnel s’organise en 5 étapes qui constituent le schéma narratif :

La situation initiale présente le lieu, l’époque ( : le cadre spatio-temporel), les personnages et les circonstances de l’action.
Le temps verbal est essentiellement l’imparfait.

L’élément perturbateur/modificateur/enclencheur/déclencheur modifie l’état de la situation initiale. Il enclenche l’action.
Souvent un indice temporel et l’utilisation du passé simple créent une rupture entre la situation initiale et l’élément perturbateur/modificateur/déclencheur.

Les péripéties sont les actions qui s’enchaînent, les épreuves qu’affrontent le sujet. Les actions principales qui font progresser l’histoire sont le plus souvent au passé simple. Les éléments secondaires (descriptions, commentaires) sont à l’imparfait.

L’élément de résolution est un événement qui met fin aux péripéties et qui permet au héros/à l’héroïne d’obtenir ce qu’il souhaite, ce qu’il cherche.

La situation finale établit un nouvel équilibre. Dans la majorité des contes, la situation finale est heureuse.


Le schéma actantiel
permet d’identifier quelle est la fonction de chaque personnage dans le conte :

– Le personnage autour de qui s’organise l’histoire est le sujet.

– Ce que cherche à obtenir le sujet, c’est l’objet de la quête.

Le destinateur est celui qui ou ce qui pousse le sujet à agir. Le destinateur peut être le sujet lui-même ou un autre personnage.

L’adjuvant est celui ou ce qui aide le sujet dans sa quête.

L’opposant est celui ou ce qui essaie d’empêcher le sujet d’obtenir ce qu’il souhaite, ce qu’il cherche.

Le bénéficiaire est celui à qui profite la quête du sujet. Le bénéficiaire peut être le sujet lui-même et/ou un autre personnage.


La visée du conte
est le but, l’intention de l’auteur vis-à-vis du lecteur. L’auteur peut vouloir :

faire réfléchir le lecteur grâce à une moralité. (Les Fées de Perrault)

amuser le lecteur ( La Princesse au petit pois d’Andersen)

émouvoir le lecteur ( La Petite Fille aux allumettes d’Andersen)

Longtemps de tradition orale, les contes se sont transmis lors des veillées populaires et familiales. Leur univers est celui du merveilleux. Les contes visent à distraire les adultes et à éduquer les enfants.

On trouve souvent des formules répétées dans les contes. La répétition et la variation sont caractéristiques de la structure des contes traditionnels. Elles aident à la mémorisation.

On appelle relance de l’action la survenue d’une péripétie qui montre que l’histoire n’est pas terminée alors qu’on pouvait le croire. Elle fait intervenir un élément de frayeur, un événement inattendu qui met à nouveau en danger le sujet.

Le merveilleux est la présence d’éléments qui ne peuvent pas être expliqués de façon naturelle.
– personnages : fée, ogre, sirène …
– objets : baguette magique, bottes de sept lieues, tapis volant …
– métamorphoses
Ceci a pour effet de créer de l’étonnement, de la peur chez le lecteur.

Le lecteur passe un pacte féérique avec l’auteur de conte : le lecteur accepte d’entrer dans un univers merveilleux où les animaux parlent et certains personnages et objets ont des pouvoirs magiques.

Le mot fée vient du mot latin fatum qui veut dire destin. Les fées président au destin humain.Chez les Romains, les Tria Fata ( : les trois fées) ou Parques étaient les déesses de la destinée qui était représentée par un fil.
– La première, Clotho, déesse de la naissance, filait avec une quenouille.
– La seconde, Lachésis, déesse du mariage, enroulait le fil sur le fuseau.
– La troisième, Atropos, déesse de la mort, coupait le fil.

Depuis le Moyen-Âge, la sorcière est représentée comme une vieille femme laide et malfaisante. Elle possède des pouvoirs magiques qu’elle utilise pour nuire à ses victimes. L’image de la sorcière a beaucoup évolué au cours du temps pour devenir plus complexe voire positive.
cf. Maléfique de Robert Stromberg (2014)

Le héros de conte est un être aux qualités exceptionnelles (beauté, bonté, intelligence, courage …). Il lutte dans une situation difficile, affronte des épreuves dont il triomphe grâce à ses qualités et l’aide d’adjuvants. A la fin du conte, les épreuves l’ont transformé, le regard des autres n’est plus le même et il obtient une récompense (richesse, main de la princesse, reconnaissance de sa famille).

Le texte narratif raconte une histoire réelle ou fictive avec un début, une suite d’actions et une fin. Les indices temporels font progresser l’histoire. Les personnages accomplissent des actions, éprouvent des sentiments, réfléchissent et parlent.
Le texte descriptif permet au lecteur de se représenter, de s’imaginer des lieux, des personnages, des objets. Les indices spatiaux organisent les descriptions de lieux et parfois d’objets.

On emploie un article indéfini au début d’un récit quand le personnage est encore inconnu du lecteur. On utilise des articles définis et des déterminants démonstratifs quand les personnages ont déjà été nommés dans le texte.

On indique ce que possède le personnage avec des déterminants possessifs.

La comparaison est une figure de style qui rapproche deux éléments : le comparé (élément que l’on compare) et le comparant (élément auquel on compare) grâce à un point commun. Dans la comparaison, l’outil de comparaison (comme, tel que, ainsi que, ressembler à …) est toujours exprimé.

Le Petit Chaperon rouge de Perrault fait partie des contes d’avertissement qui visent à mettre en garde contre un mauvais comportement. Perrault, auteur du XVIIème siècle, fait mourir son personnage afin de montrer aux jeunes filles qu’il est essentiel de garder leur honneur. Un siècle plus tard, la morale des frères Grimm est moins brutale, Le Petit Chaperon rouge quoique déshonorée, a la vie sauve.

Dans un conte d’avertissement, l’auteur avertit d’un danger lié à un mauvais comportement.
Le héros désobéit à une consigne, il transgresse un interdit. Le héros subit alors les conséquences de ses actes : il est puni et/ou tire une leçon de ses mésaventures.
Les contes d’avertissement souvent finissent mal.

Dans les contes, les personnages monstrueux sont le plus souvent des opposants au héros que celui-ci doit affronter pour grandir. Ces monstres ont souvent une dimension symbolique que le lecteur doit interpréter. Ils sont une représentation de nos peurs : peur de l’abandon, de la dévoration, de la mort, de la différence …

La Belle et la Bête apprend aux enfants à distinguer la laideur physique et la laideur morale et à reconnaître les qualités de cœur de quelqu’un qui est physiquement disgracié. Ce conte nous dit que l’attirance et le bonheur doivent être fondés sur la bonté et la vertu, non sur des qualités superficielles comme la beauté, la richesse, l’esprit brillant.

Dans un conte moral, l’auteur montre comment triomphe une qualité morale, une vertu. Le héros qui possède cette qualité ou qui la reconnaît et l’apprécie chez un autre personnage est récompensé et le conte se finit bien.

LES MÉTAMORPHOSES D’OVIDE

Ce que je dois savoir :

La métamorphose est un processus qui fait passer d’une forme à une autre. Ce phénomène est enclenché par un personnage ou un élément possédant des pouvoirs magiques.

Les mythes sont des récits légendaires transmis par la tradition orale qui racontent les exploits d’êtres exceptionnels (les héros, les dieux). Les mythes fournissent une explication sur des phénomènes naturels comme la naissance du monde, la naissance de l’homme, l’apparition de certains animaux ou de certains végétaux, la mise en place des lois, l’acquisition de certaines techniques (ex : la maîtrise du feu).
Les mythes illustrent et justifient les règles et les interdits d’une civilisation :
– il faut respecter les dieux
– il faut respecter le devoir d’hospitalité
– l’anthropophagie et l’inceste sont interdits
– il faut être juste et modéré.

Lycaon est puni car il est indigne d’être un homme. Jupiter repousse Lycaon parmi les animaux féroces.

Une métamorphose révèle la vraie nature de celui qui la subit. La nature cruelle de Lycaon était déjà lisible dans son nom ( = loup-garou) avant la métamorphose.

Comme pour Lycaon, les paysans de Lycie sont indignes d’être des hommes, aussi Latone les rabaissent au rang d’animaux qui vivent dans la boue.

Ces deux récits sont des métamorphoses de punition.

 Philémon et Baucis sont des personnages qui respectent et honorent les dieux, à l’opposé de Lycaon et des paysans de Lycie. Leur métamorphose n’est pas une métamorphose de punition mais une métamorphose de récompense.

Une antithèse est une figure de style qui met en opposition des mots de sens contraires c’est-à-dire des antonymes.

Comme Lycaon, Daphné porte déjà dans son nom, qui signifie en grec laurier, son destin et sa vraie nature.
On peut considérer cette métamorphose comme une métamorphose de compensation.

Actéon n’a pas cherché volontairement à offenser la déesse Diane. Il est victime du sort, d’un destin qu’il ne maîtrise pas et qui va lui être fatal.
La métamorphose est ici une punition.

Les dieux ne supportent pas l’orgueil des humains, que l’on appelle l’hybris en grec. Ils punissent cet orgueil très violemment pour maintenir une distance infranchissable entre les mortels et les immortels.

On peut dire alors que plusieurs contes des Métamorphoses sont des contes d’avertissement.

L’histoire de Narcisse est à la fois un conte explicatif ( = il explique le phénomène de l’écho et l’existence et la forme du narcisse) et un conte d’avertissement ( = il montre qu’il ne faut pas s’enfermer dans le narcissisme.).

L’histoire de Phaëton ne propose pas la métamorphose du personnage mais, à travers la métamorphose de la terre, propose une explication sur des phénomènes naturels que les hommes de l’Antiquité ne comprenaient pas.

La plupart des histoires d’Ovide nous parlent des limites que l’homme ne doit pas franchir. Dans la représentation mythologique chacun a un espace à occuper : les dieux sont dans l’Olympe (= au ciel), les monstres sont dans le Tartare (sous terre) et les hommes sont, au milieu, sur terre. Cette place rappelle à l’être humain qu’il n’est ni un dieu ni un monstre, qu’il est soumis aux lois de la nature (il est mortel) et à la vie en société.