Lettres pour collégiens et lycéens

CHAPITRE 1 – LITTÉRATURE

LA FABLE

Ce que je dois savoir :

Une fable est composée de deux parties : une histoire et une moralité.Dans la fable, l’histoire met en scène des personnages qui s’opposent. L’histoire raconte souvent comment l’un de ces personnages prend le dessus sur l’autre par la violence ou la tromperie.

La fable appartient au genre littéraire de l’apologue et a un double objectif « placere et docere » ce qui veut dire en latin plaire et enseigner, c’est-à-dire :
– divertir le lecteur avec l’histoire racontée. Aussi le récit est court, clair, avec peu de personnages et les actions s’enchaînent rapidement.
– instruire le lecteur avec la morale.
L’histoire sert d’exemple pour illustrer la morale.

La morale ou moralité :
– peut être exprimée (= explicite) ou sous-entendue (= implicite) ;
– peut être placée au début ou à la fin ;
– parfois il peut y en avoir deux.

La moralité peut exprimer :
– un conseil. Elle est en général à l’impératif ou introduite par un verbe d’obligation,
ex : il faut. Elle invite à la prudence, à la méfiance, à la sagesse …
– une constatation souvent pessimiste sur la vie et la société. Elle est alors au présent de vérité générale.
– une accusation souvent à l’égard de ceux qui abusent de leur pouvoir.

Quand des vers qui riment n’ont pas le même nombre de syllabes, on les appelle des vers mêlés.

Au début des fables, dans la dédicace au Dauphin, La Fontaine dit :
« Je me sers des animaux pour instruire les hommes. »
Les personnages des fables sont souvent des animaux auxquels le fabuliste donne des caractéristiques humaines afin de représenter de manière symbolique les qualités et les défauts des êtres humains.
Le Lion est la représentation du roi : puissant, parfois cruel, parfois généreux.
Le Loup et le Renard sont souvent les représentations d’hommes puissants et dangereux.
L’agneau est la représentation des personnes sans naissance ( : qui ne sont pas nées dans des familles puissantes), sans pouvoir, sans fortune, faibles.

Un symbole est la représentation concrète d’une idée abstraite.
ex : le loup est la représentation concrète de l’idée abstraite de la cruauté.

La fable est un genre littéraire très ancien qui remonte à l’Antiquité. Au fil du temps, les histoires racontées se sont modifiées; elles ont évolué. C’est pourquoi on peut avoir différentes versions d’une même histoire. Les fables du grec Esope et du latin Phèdre, deux fabulistes de l’Antiquité, sont les sources d’inspiration du français Jean de La Fontaine, au XVIIème siècle.

Une figure de style est une manière d’écrire qui présente quelque chose ou quelqu’un de façon inattendue et frappante.
La personnification est une figure de style qui consiste à donner à un animal ou à une chose des caractéristiques humaines.
La périphrase est une figure de style qui consiste à dire en plusieurs mots ce qui peut être dit en un seul. Elle permet de varier l’expression et d’apporter des précisions sur ce qui est nommé.

Le récit est vivant et distrayant grâce à/aux :
– la désignation variée des personnages (synonyme, terme générique, périphrase)
– la personnification
– la variété des temps verbaux (passé simple, imparfait, présent de narration)
– les dialogues
– les interventions du fabuliste qui peut s’adresser directement au lecteur
– les variations des vers courts et des vers longs qui accélèrent ou ralentissent le rythme.

Le récit est le plus souvent aux temps du passé : imparfait, passé simple, mais il peut être fait aussi au présent de narration pour rendre l’action plus vivante, comme si elle se déroulait au moment où on la raconte.

Les interventions du fabuliste (ou du conteur) créent une complicité avec le lecteur. Parfois le lecteur est interpelé dans le texte, ex : Lecteur, Seigneurs …

Avec le développement du Christianisme, le Loup est considéré comme un animal diabolique. Il incarne le Mal car il s’attaque à l’agneau qui est un symbole de pureté et qui représente le Christ.
« Agnus Dei » est une expression latine qui signifie « Agneau de Dieu » et désigne Jésus-Christ qui se sacrifie pour « enleve[r] les pêchés du monde ».